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« L’Empire (Microsoft) contre-attaque… »

Il y a peu de temps, dans une galaxie pas si lointaine, pas si lointaine…

L’annonce aura eu des airs de mauvais scénarios de Georges Lucas : Paul Allen, le cofondateur de la toute puissante multinationale Microsoft, a déclaré le 27 août dernier la Guerre à ses Clones géants de l’informatique et des télécommunications qui sont, dans l’ordre alphabétique, AOL, Apple, Ebay, FaceBook, Google, Netflix, Office depot, OfficeMax, Staples, Yahoo! et YouTube.

Le Sith, par le biais de son entreprise personnelle Interval Licensing, survivante de la défunte Interval Research Corporation fondée en 1992, a donc pris sa revanche sur les Jedi de l’Internet en portant plainte contre eux pour violation de brevets (les fameux patents ultra-protégés aux États-Unis).

Pas moins de quatre brevets de l’US Patent n°130 auraient ainsi été réutilisés par les onze firmes sans l’accord d’Interval Licensing et surtout sans aucun reversement de royalties. Les brevets en question sont les suivants :

  • U.S. Patent No. 6,263,507, « Browser for Use in Navigating a Body of Information, With Particular Application to Browsing Information Represented By Audiovisual Data. »
  • U.S. Patent No. 6,034,652, « Attention Manager for Occupying the Peripheral Attention of a Person in the Vicinity of a Display Device. »
  • U.S. Patent No. 6,788,314, « Attention Manager for Occupying the Peripheral Attention of a Person in the Vicinity of a Display Device. »
  • U.S. Patent No. 6,757,682, « Alerting Users to Items of Current Interest. »

Deux d’entre eux portent notamment sur des encadrés qui s’affichent par-dessus la fenêtre courante pour attirer l’attention et dispenser de nouvelles informations, un dispositif principalement utilisé par les créateurs de logiciel de messagerie électronique pour avertir l’utilisateur d’un nouveau message dans leur boîte mail personnel, ou encore les demandes d’ajout en ami et autres fonctionnalités du plus célèbre des réseaux sociaux.

On imagine le malaise provoqué dans la société de l’information et le coup de chaud monumental au sein de ces firmes que leurs juristes auront eu du mal à refroidir. Les déclarations des principaux intéressés restent ainsi très convenues, et leur étonnement manifeste frôle l’hypocrisie générale ; c’est ainsi que les représentants de FaceBook ont estimé que la revendication était « complètement dénuée de fondement » et « [qu'ils] la [combattraient] vigoureusement ». Le géant Google ne pouvait pas se permettre, lui non plus, de ne pas réagir et a déclaré que que « cette plainte contre certaines des entreprises américaines les plus innovantes reflète une tendance malheureuse de gens qui essaient d’entrer en concurrence dans les tribunaux plutôt que sur le marché. L’innovation, et non les poursuites, est la meilleure manière d’amener au marché les produits et services dont bénéficient des millions de gens dans le monde ». Ambiance…

La Menace fantôme est évidemment de taille : si la violation de ces applications Web était avérée, toutes ces sociétés devraient reverser des millions de dollars à Interval Licensing et surtout créer de nouvelles applications ne rentrant pas dans le champ des brevets suscités puisque la société de Paul Allen a demandé l’interdiction de réutiliser ces technologies ; notons d’ailleurs que la majorité des sites de e-commerce seraient également touchés, car les services du type « vous avez aimé ce produit-ci, vous aimerez probablement celui-là » ou bien « les autres internautes ont également acheté ces produits » fonctionnent sur les principes dégagés par les brevets en cause et devraient donc être purement et simplement retirés de ces plateformes. Avec, à la clé, des pertes de plusieurs millions de dollars pour les plus gros d’entre eux.

Mais les observateurs les plus chevronnés ne verraient-ils pas dans cette affaire une vengeance masquée de Microsoft ? La célèbre firme de Richmond, si souvent critiquée et attaquée en justice ces dix dernières années, notamment par Apple, doit se frotter les mains de voir ses concurrents directs mis à mal par ce pavé lancé dans la marre. Certes, Paul Allen agit en sa qualité de dirigeant d’Interval Licensing, mais le rapprochement avec son ancien compère Steve Balmer, président directeur général de Microsoft, ne peut être évité, les plus mauvaises langues diront même que c’est le Maître Darth Balmer Sidious qui a soufflé l’idée à son Apprenti Darth Allen Maul

Tout dépend donc de quel point de vue on se place : si Paul Allen agit « seul », il représente la petite Alliance rebelle contre l’Empire des Google, YouTube, FaceBook et Cie… Mais si Steve Balmer suit ça de loin, c’est bien lui, l’Empereur Palpatine, qui chapote le coup d’état contre les prétendus invincibles Jedi de l’Internet. Dans tous les cas, que la force soit avec lui

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Faites vos jeux ! (de poker en ligne en France…)

C’est fait ! La toute nouvelle Autorité de Régulation des Jeux en Ligne, l’ARJEL, petite dernière dans le cercle très fermé des Autorités Administratives Indépendantes (AAI) françaises, a donné encore un peu plus de poids aux sociétés de poker en ligne en décernant 4 nouvelles licences à autant d’opérateurs agréés spécialisés donc dans les « jeux de cercle » avec le désormais mythique Texas Hold’em, représentant n°1 des jeux de poker dits « ouverts ».

Une première liste d’opérateurs avait été publiée le 8 juin 2010 et concernait principalement les opérateurs de paris sportifs et hippiques où 11 géants des jeux d’argent recevaient les faveurs de l’ARJEL pour exercer leurs activités en toute impun… légalité : Bwin, BetClic, SaJoo… Mais aussi parmi eux Everest et Table 14, uniquement pour le Poker.

La décision du 25 juin 2010, qui fait directement suite à son homologue du 8, propose donc 4 nouveaux agréments réservés aux jeux de cercle pour Electraworks (Luckyjeux.fr, Partypoker.fr et Actpoker.fr), Iliad Gaming (Chilipoker.fr), Reel Malta (Pokerstars.fr) et Partouche (Partouche.fr).

D’après les observateurs, une vingtaine de nouveaux opérateurs devraient être agréés par l’Autorité de Régulation d’ici la fin de l’année, c’est dire la marche inexorable des sites de jeux d’argent sur Internet…

… Qui pose inévitablement un certain nombre de questions quant à la multiplication probable des contentieux à venir en matière de surendettement ! En effet, quand Internet n’existait pas, les joueurs devaient faire l’effort, minime certes, mais effort quand même, de se déplacer chez leur buraliste pour acheter des tickets de grattage ou remplir la grille de résultats des matchs de Ligue 1 pour le week-end ; mieux, les adeptes du Poker n’avaient pas d’autres alternatives que de se rendre au Casino (si l’on met de côté les tournois de poker où, en théorie, les mises réelles sont interdites…) pour espérer gagner quelques subsides de leur passion, et l’on connaît les encadrements légaux accompagnant ce type d’établissements. Bref, en un mot, ces quelques petites contraintes techniques empêchaient la banqueroute de masse.

Aujourd’hui, bien évidemment, Internet a fait du jeu en ligne un jeu d’enfant (bien qu’interdit au moins de 18 ans…) : la création d’un compte prend 5 minutes, et le dépôt de somme d’argent sur le site (comprenez : le débit d’une somme d’argent de votre compte en banque…) se fait en un clic. Alors, certes, le retrait des gains (la remise d’argent sur votre compte) ne peut se faire sans le scan ou la photocopie de votre carte d’identité pour empêcher toute fraude ; certes, chaque site met en place une fonction de « jeu responsable » où, de votre propre chef, vous pouvez vous « auto-bannir » du site (au cas où la fièvre du jeu se serait emparée de vous…) et le site ne pourra vous recompter parmi ses membres qu’après le suivi d’une procédure fastidieuse ; certes, une hotline, déclinée parfois en « centre d’écoutes pour joueurs compulsifs », est disponible quasiment 24h/24, etc. Mais la réalité est là : tout est fait pour que vous vous inscriviez (bonus de 100% offerts pour les paris sportifs, et parfois jusqu’à 400% pour le poker!) mais aussi et surtout pour que vous ne cessiez jamais vos activités sur ces sites (bonus de fidélité, points fidélité pour des cadeaux supplémentaires, etc.).

Quoiqu’il en soit, et à l’heure où nous parlons, l’ARJEL étudie de nouvelles demandes avec dans chaque cas quatre mois pour rendre sa décision. Marc Simoncini, le célébre PDG de la plateforme de rencontre « Meetic », estime qu’ « il existe entre un et trois millions de joueurs de poker en ligne sur un marché potentiel de centaines de millions d’euros ».

Les jeux sont faits (pour eux, les sites de jeux d’argent), et rien ne va plus (pour nous, les pigeo… les joueurs).

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