Si le petit peuple, la « France d’en bas » pour reprendre les mots exquis de notre ancien Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin, n’a pas encore compris l’intérêt d’un outil comme Twitter, la « France d’en haut » marque quant à elle sa différence en faisant du joujou le réseau social non officiel des élites. En effet, chercheurs, philosophes, sportifs et politiciens s’adonnent en grand nombre aux désormais légendaires « twitts » via le second plus célèbre réseau social du monde, en toutes circonstances et en tous lieux. Tous ? Oui tous, le Sénateur Alain Lambert a été jusqu’à inaugurer une nouvelle pratique : le Twitter à la messe ! Sauf que la tolérance chrétienne a ses limites, et la sanction divine ne se fit pas attendre : le politicien a été forcé sous la pression médiatique de fermer son Twitter.

Sale temps pour le sénateur de l’Orne : en plus d’un 15 août pourri ou presque, celui-ci s’est humilié tout seul sur la Toile en twittant pendant l’office dominical. Deux twitts très exactement ont ainsi créé la polémique quelques heures après leurs envois : « la messe va commencer à Ménil-Jean » et « un baptême est célébré pendant la messe ». Amateurisme pour les uns de cet homme pourtant en avance sur ses collègues pour tout ce qui touche aux nouvelles technologies et aux nouveaux moyens de communication en ligne, simple partage d’un bon moment avec sa communauté de followers (ceux qui le suivent) pour les autres, le vent se déchaîna soudain sur le réseau social du petit oiseau et sur l’ensemble du Net. Les commentaires pleuvèrent, en général assez désagréables (« cela se fait de twitter dans un lieu de culte ? », « manque de respect du culte d’autrui », ou même un tonitruant « est-ce bien républicain de twitter pendant la messe ? ») et furent relayés par le journal Ouest-France qui fait les choux gras de cette affaire. Au final, la pression est telle que le pauvre sénateur décide de marquer son indignation en fermant son espace Twitter qui était pourtant un des plus suivis parmi les politiques. Il remercie pour l’occasion toute la communauté Twitter l’ayant soutenu et poste son ultime twitt sous forme de vibrant plaidoyer n’excédant pas, évidemment, les 140 caractères : « Je quitte Twitter et remercie tous ceux qui m’ont fait l’amitié de la partager en me suivant. Mickaël Louédec et Ouest-France m’ont découragé ».

Pour bien marquer le coup et tacler le journaliste d’Ouest France par qui le scandale est arrivé, le sénateur n’a pas hésité à conclure sa fermeture par une petite vidéo bien sentie et immédiatement partagée en ligne :
Que retenir de tout ce psychodrame ? En apparence, la situation peut faire sourire car elle se termine somme toute sans trop de dégâts : l’affaire sera oubliée dans quelques jours et, la rentrée parlementaire aidant, il est probable que Monsieur Lambert rouvre son Twitter ou continue au minimum de s’exprimer par un autre moyen sur le Net.
Plus insidieusement, on croit rêver quand on lit les twitts de mécontentement des autres internautes. A part si tous ces derniers sont des catholiques (ultra) convaincus ne tolérant pas que l’on se détourne une seconde de la prière divine, ceux-ci, qui ont très logiquement eux-aussi un compte sur Twitter puisqu’ils ont pu poster sur celui du sénateur Lambert, critiquent un procédé qui constitue la base même du concept, à savoir : commenter ses moindres faits et gestes et les traduire en micro-phrases.
On se souvient bien sûr du malaise provoqué dans la classe politique lorsque certains députés de l’Assemblée Nationale commentaient des débats à huit-clos directement de l’hémicycle via leur téléphone portable. Ici encore, la situation avait provoqué l’hilarité chez la plupart des observateurs qui comparaient les représentants de la Nation à de vrais gamins, et l’Assemblée à une cour de récré, tandis que le peuple rigolait jaune. Mais les remous provoqués étaient de toute façon justifiés pour des raisons de secrets des débats et de bonne conduite de la procédure parlementaire.
Dans le cas de Monsieur Lambert, quels sont bien les risques encourus en annonçant à la face du monde : « Je suis à la Messe » ? Aucun a priori, mis à part bien sûr l’engorgement du service à cause de millions de messages du même style totalement inutiles (« a bien mangé ce midi » ou autre « super la piscine ! »), provoquant une fois sur deux un bug généralisé et l’apparition du « Fail Whale », la baleine mythique qui exprime le naufrage temporaire de la plateforme.
Pour se défendre sur feu son Twitter, Alain Lambert gazouillait : « j‘étais tranquille dans mon coin [pendant la Messe] et personne n’a pu me remarquer« . Rien n’échappe à l’œil du Net – ou de Dieu – qui sait tout et voit tout. Décidément, les voies du Seigneur sont bel et bien impénétrables…

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Jessi Slaughter, où comment une gamine un peu nunuche s’est faite piéger par le côté obscur de la Toile…
Ce qui aurait dû rester une banale vidéo à la première personne, comme on en trouve des dizaines de milliers sur les sites de vidéos en ligne, est pratiquement devenu en quelques heures une affaire d’état qui continue de secouer l’Amérique. Un bref rappel des faits s’impose.
Jessi, une jeune américaine de 11 ans un peu junkie dans le style de Key$ha et fan de groupes de rock plutôt trash, s’est crue pousser des ailes en publiant sur YouTube une vidéo la montrant devant son ordinateur en train de proférer des insanités à l’encontre des haters, que l’on pourrait traduire en français par des personnes qui la haïssent, avec qui elle aurait eu des altercations numériques sur des forums pour ados.
Si l’on ne peut à ce stade que mépriser cette petite peste qui ose quand même, entre autres, souhaiter que ses détracteurs attrapent le SIDA, on en vient vite à plaindre ce qui ne reste visiblement qu’une enfant trop gâtée vu le raz-de-marée provoqué sur la Toile : réponses sous forme de tornades d’insultes, mises sur la place publique de ses comptes FaceBook, Twitter et même de ses coordonnées personnelles… Tout ceci orchestré par le redouté forum « 4chan », déjà connu sur le Net pour avoir pourri la vie de l’Église de Scientologie, et qui a ici choisi sa nouvelle victime en lui administrant ce que ses membres appellent dans le jargon un « raid ».
Les objectifs de ce raid ont été atteints au-delà de toute espérance… Une seconde vidéo postée quelques jours plus tard montre la jeune fille éplorée demandant que tous ceux qui ont « ruiné sa vie » cessent leur petit jeu macabre. « Vie de merde ».
Cette vidéo, bien loin d’apaiser les esprits, relance le buzz puisque l’on y voit son père, moustachu de son état, pointer du doigt à la caméra les agresseurs de sa Jessi chérie et leur promettre des représailles sévères. Comme un malheur n’arrive jamais seul, la syntaxe plus qu’approximative du chef de famille (« les conséquences ne seront plus jamais les mêmes »), son côté un peu bourru et des menaces provoquant plus l’hilarité générale que la peur (« j’ai contacté la Cyberpolice… ») multiplient de manière exponentielle l’hostilité générale contre la pauvre Jessi.
Les choses vont d’ailleurs aller très loin : pêle-mêle, des appels anonymes, racontant tout et n’importe quoi sur la famille, qui ont poussé la police à venir enquêter au domicile ; ou encore, quelques blogs annonçant le suicide de la jeune fille…
« L’affaire Jessi Slaughter » finit donc par inquiéter la classe politique : les plus conservateurs demandent la mort de 4chan et la nécessité urgente de filtrer le Web, tandis que la plupart des commentateurs, déplorant que les choses aient aussi mal tournées, ne peuvent que recommander aux parents de surveiller l’activité audiovisuelle de leur progéniture, surtout si celle-ci est mineure.
En ce qui nous concerne, nous répétons inlassablement tout au long de nos articles que le Net n’est pas fait pour les pré-adolescents, voire même les adolescents, sans contrôle parental, car ceux-ci n’utilisent généralement pas d’eux-mêmes l’outil à bon escient et ne réfléchissent pas aux répercussions à long terme que peuvent générer des actes d’apparence tout à fait banals comme celui de Jessi Slaughter.
Au-delà d’une surveillance accrue de la part des parents qui paraît indispensable, il faudrait aussi regarder du côté des hébergeurs comme YouTube ou DailyMotion qui permettent à des gamins, par leur inertie sur ce sujet, de se mettre maladroitement en scène et d’être ensuite, dans les cas les plus extrêmes, en proie à la vindicte populaire…
Bien sûr, certains objecteront que ce type de situation ne concerne pas uniquement les jeunes ; le meilleur exemple, français celui-là (cocorico), a pour nom Jean-Pierre Herlant et résonne encore jusque dans les studios d’enregistrement de la matinale de Virgin Radio (ex-Europe 2) animée par l’insatiable Bruno Guillon.
Malheureusement, on ne peut s’en remettre ici qu’à la majorité légale de l’intéressé, atteinte visiblement par notre ami Jean-Pierre (quoique…), et résumée par le célèbre « il est majeur et vacciné (il fait donc ce qu’il veut) ». Pour tous les autres, c’est-à-dire ceux attendant avec impatience d’avoir 18 ans (ou 21 de l’autre côté de l’Atlantique), pourquoi ne pas mettre en place un système de validation du représentant légal de la personne mineure désirant ouvrir son compte YouTube ? Car il suffit en l’état de mentir sur son âge à l’inscription et dire avoir plus de 18 ans pour créer son compte sur la célèbre plateforme : un contrôle de la part de l’hébergeur qui, au mieux, fait sourire et, au pire, donne quelques frissons dans le dos.
Quoiqu’il en soit, le magistrat local a ordonné à notre Jessi de ne pas toucher un ordinateur pendant une semaine, le temps que l’orage passe. Et comme dirait le grand Albert Einstein : « Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue ».

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Nos voisins de l’autre côté de la Manche ne font décidemment jamais rien comme tout le monde mais, pour une fois, leur excentricité so british pourra peut être éviter certains dénouements douloureux. En effet, les autorités britanniques ont décidé de mettre en place un système d’alerte sur FaceBook pour les jeunes sujets de Sa Majesté dès que ceux-ci soupçonnent un pédophile de les « halpaguer » via le plus célèbre des réseaux sociaux.

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Un message automatique sera ainsi envoyé à chaque utilisateur de 13 à 18 ans, les exortant à installer l’application. Cette nouvelle fonctionnalité, baptisé « Click CEOP », du nom du centre pour la sécurité sur internet et contre l’exploitation des enfants (CEOP : the Child Exploitation & Online Protection), leur garantira un lien hypertexte avec le site www.ceop.gov.uk directement accessible de leur profil FaceBook avec, en prime, le rajout d’un « bouton d’urgence » qui leur offrira la possibilité de déclarer des cas suspicieux en un clic.
Les observateurs ne tarissent pas d’éloges pour cette dernière trouvaille qui fait quasimment l’unanimité, aussi bien auprès des dirigeants de FaceBook que du gouvernement anglais. Pour autant, ce dernier ne tombe pas, chose rare, dans l’allégresse : James Brokenshire, secrétaire d’Etat britannique à la prévention des crimes, souligne en ce sens que « même si cette solution apporte un vrai plus, il est aussi vital que le gouvernement continue à travailler avec les professionnels du secteur, la police et les parents pour éduquer les enfants sur les dangers auxquels ils peuvent être exposés en ligne ». Réfléchi, logique et modeste, plutôt rare chez un politique.
Pour aller encore plus loin, on peut aussi discuter de l’attitude si particulière de la firme créée par Mark Zuckerberg. Certes, le concept est généreux, mais il permet d’éviter soigneusement la seule réelle question qui se pose : FaceBook, de par sa nature et son fonctionnement, n’est-il pas trop dangereux pour les adolescents et pré-adolescents ? Cette crainte est d’autant plus justifiée lorsque l’on constate l’engouement de plus en plus prononcé par les jeunes générations pour cet outil conçu, à la base, par et pour des campus étudiants… Ce qui ne semble d’ailleurs gêner en aucune façon le site aux 500 millions d’inscrits. Pourtant, les détracteurs les plus féroces de la plateforme ne cessent de déconseiller l’inscription à FaceBook aux personnes dites « faibles », à la fois mentalement et physiquement, et facilement influençables. Qui correspond le mieux à cette description que nos chères petites têtes blondes ? Certes, « Click CEOP » permettra probablement de repérer certains détraqués et les empêcher de nuire, mais il ne pourra arrêter les meilleurs ennemis des adolescents, c’est-à-dire eux-mêmes…
Quoiqu’il en soit, si l’essai est concluant, il y a fort à parier que ce système entrera en vigueur dans d’autres pays, et la France s’intéresse déjà de près à ce projet. Et quand l’Angleterre et la France sont d’accord sur un point, c’est historique !

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